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10 février Guéret : Biosyl c’est toujours non !

Un mini festival maxi engagé pour des Forêts vivantes ! 
 

La forêt. Elle alimente les captages d’eau potable, contribue au cycle de l’eau, régule les températures et le CO2 dans l’atmosphère. Elle filtre notre air, abrite de nombreuses espèces animales et végétales, protège les sols et nous préserve des aléas climatiques. Mais plus que jamais, les forêts sont menacées en Limousin, en France et dans le Monde. Multiplication des coupes rases, gestion extractiviste, projets industriels tels que l’usine à pellets Biosyl à Guéret, souffrance liées aux dérèglements climatiques, la forêt est en péril.

C’est pourquoi le Réseau Forêt Limousine, avec le soutien de Canopée Forêts Vivantes et la CGT23, organise le 10 février prochain, à la salle André Lejeune à Guéret (23), une « Journée pour des Forêts Vivantes : Biosyl c’est toujours NON ! »


Programme :

Matinée :

– sortie sur le terrain avec la visite d’une forêt gérée en couvert continu et en mélange d’espèces (on va parler technique sylvicole avec des spécialistes, techniciens et propriétaires forestiers). Accompagnateurs : Daniel Giron (propriétaire forestier) et Laurent Rivière(ancien responsable de l’ONF en forêt de Chabrières et animateur de la charte forestière de Guéret pendant 15 ans).Départ en covoiturage à 9h – parking de l’espace André Lejeune pour aller vers lemassif forestier situé à 12km. Places limitées. Prévoir des bottes.Réservation obligatoire à l’adresse suivante :10fevrier2026@lilo.org


Après midi, dès 14h :


Un programme riche ouvert à toutes et tous, petits et grands (dans la limite des places disponibles).- Ateliers créatifs pour toute la famille avec des artistes (donnez-vie aux Sylvestres avec Jean-Marc Chamblay ou bien imprimez de chouettes messages sur vos tee-shirts avec Babé …)- Atelier plantation avec le Jardin des Communs : entre 14h et 17h, le jardin situé sous l’espace A Lejeune vous accueille et si le temps le permet, un atelier plantation de forêt vous y attend. Vous participerez à un projet expérimental d’accompagnement vers la reforestation naturelle.- Village associatif. Le réseau forêt limousine, c’est pas moins de 35 associations, collectifs, syndicats, groupements forestiers, … Venez rencontrer cette diversité d’acteurs qui se soulèvent aujourd’hui pour protéger ce bien commun qu’est la forêt.
Artistes et artisans. La forêt inspire de nombreux artistes et artisans. Iels sont nombreux.e.s à s’engager dans la protection des forêts et présenteront un échantillon de leur travail.

Restauration : Nous avons prévu de quoi boire et manger essentiellement en bio et en local. Vous pourrez goûter aux cuvées de bières, vins et jus engagées, spécialement préparés pour soutenir des forêts vivantes !

Spectacles : 

17h : L’arbre bleu. Entre des Hommes et des arbres, entre chansons et récits. Laissez vous embarquer au creux des branches de l’Arbre Bleu. Un spectacle tout public, à voir en famille avec la cie Ô Bec.
Avec « l’arbre bleu », Ô Bec nous donne à voir à danser à rêver à chanter les arbres qu’ils ont rencontrés. Les arbres qui leur ont parlé des hommes les hommes qui leur ont parlé des arbres. (…) Les mots-poèmes de Didier sont enrobés enveloppés de la voix aérienned Alexandre, au rythme des guitares et tambours qui nous ramènent à quelque chose de primaire, d’ancestral que l’on aurait tort d’oublier. ( blog – les mots passeurs)https://youtu.be/ivMIkieTgq4

19h30 : SOIRÉE CONCERT 


avec Kalune en première partie des Hurlements d’Léo !


Kalune : 
En ces périodes de troubles et de doutes, nous avons plus que jamais besoin de poètes comme Kalune pour y voir plus clair. Engagez-vous qu’ils disaient ? Et c’est exactement ce que vous ferez en faveur des forêts et d’un monde plus juste après avoir dansé et chanté sur les textes de Kalune, le centaure du vers libre !
Humaniste misanthrope, artiste-artisan, punk à chats… Kalune chante l’écologie et l’engagement citoyen. L’artiste ce situe à mi-chemin entre résistance et utopie.La résistance qu’il juge nécessaire, pour enrayer cette grosse machine qu’est le capitalisme, et qui détruit tout sur son passage. Et l’utopie pour proposer autre chose, un autre monde, une autre façon d’être, un autre rapport au vivant et à ce qui nous entoure. (site infoconcert.com). 
https://www.youtube.com/watch?v=gIxbVErE-ZU&list=RDgIxbVErE-ZU&start_radio=1

Les Hurlements d’Léo :
Pour un premier passage à l’Espace A Lejeune, les Hurlements d’Léo débarquent comme des oiseaux dans la canopée. Une bouffée d’énergie pure, un temps suspendu, un plaisir rare, que nous serons nombreuses et nombreux à partager. Les Hurlement d’Léo ne nous viennent pas seul, ils seront accompagnés de leur tout nouvel album, Sirroco !
Issus du chaudron du rock alternatif, ils n’ont pas hésité à s’affranchir de leurs modèles et appartiennent à cette vague de groupes qui ont fusionné les genres, bousculant les frontières entre folk, rock et chanson. (extrait du magazine rock&folk – décembre 2025)

https://youtu.be/hLRkMDmmRxk?si=EqFhSb3XvgsYFqag

* Réservez la date du mardi 10 février (premier mardi des vacances) pour une journée en famille, entre amis, une belle journée militante mais surtout festive !Venez participer aux ateliers, visiter le village associatif, assister au spectacle ou aux concerts.

https://www.helloasso.com/associations/apocemam/evenements/pour-des-forets-vivantes

Communiqué de Presse


Retour de manifestation, retour de bâton ?

À notre connaissance, deux interpellations en rapport avec la manifestation du 5 Octobre 2024, ont
eu lieu le 17 juin 2025. Ce jour là, les militants écologistes du limousin ont fait l’objet de
perquisition à leur domicile, puis ont subi respectivement une garde à vue de 24h et de 36 h. Ils ont
été interrogé au commissariat au sujet de faits qui se seraient déroulés pendant la manifestation du 5
octobre 2024, il y a donc plus de 9 mois ! L’une des deux personnes, mise en garde à vue, a écopé
d’un contrôle judiciaire et d’une interdiction de quitter son département de résidence en attendant
son audience prévue le 28 juillet. La seconde attend de savoir si elle sera poursuivie. Il lui serait
reproché des actes de violences à l’encontre d’agents des forces de l’ordre, qui n’étaient pas
identifiables lors de l’assaut qu’ils ont mené sur le cortège. « Cet assaut a été violent et inattendu,
les personnes présentes à ce moment précis ont dû se protéger et se défendre, »
ont rappelé les
membres d’associations présents ce jour-là.

Nous avons également appris qu’un manifestant, venu de Charente Maritime, a été interpellé le 3
Mars 2025 aux alentours de 6 h à son domicile, avec usage de la force et sans motif précis énoncé.
Il a été jugé par le tribunal correctionnel de Guéret le 19 Juin, sans qu’aucun témoin pour la défense
n’ait été entendu. Il serait retenu contre ce manifestant « la dissimulation de son visage ».

Or, en relaxant une personne poursuivie pour « dissimulation volontaire du visage », -les faits
remontaient à une manifestation contre la réforme des retraites, le 24 janvier 2020, à Rennes- la
12e chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Rennes a reconnu le 7 septembre 2021 qu’un
manifestant pouvait avoir un motif légitime pour dissimuler son visage, notamment pour se
protéger lors de l’usage par les forces de l’ordre de gaz lacrymogènes et d’armes létales, telles que
le LBD. Les associations signataires expliquent :
« Au vu des manifestations de ces dernières années, l’usage de gaz lacrymogènes et d’armes létales,
telles que le LBD, semble devenu systématique dès lors que la BAC ou d’autres unités extérieures
au territoire concerné sont mobilisées. Ces interventions, souvent brutales, entraînent de graves
blessures, parfois des mutilations, infligées à des citoyen·nes exerçant pacifiquement leur droit de
manifester. À l’inverse, certaines forces locales font preuve de retenue et contribuent, par leur
connaissance du terrain et des dynamiques sociales locales, à désamorcer les tensions. Ce contraste
met en lumière deux logiques profondément divergentes : d’un côté, une logique de répression
centralisée, fondée sur l’usage de la force ; de l’autre, une logique de cohésion, appuyée sur la
relation de proximité et la régulation apaisée des conflits. Dans ce contexte, le sentiment
d’insécurité s’intensifie chez les manifestant·es, et la nécessité de se protéger – par des équipements
adaptés pouvant dissimuler partiellement le visage– devient une évidence légitime. Dans un climat
marqué par la crainte — et la réalité — de violences policières, se protéger relève du bon sens, non
du délit. »

L’acte de « rébellion » serait également retenu à l’encontre de ce manifestant, alors que les personnes
qui l’ont agressé, ne se sont pas présentées comme faisant partie des forces de l’ordre. Ils ne
portaient pas de brassard ni aucun signe permettant de les identifier comme tels. Le délibéré sera
rendu le 17 juillet 2025.

Doit-on désormais, à tout instant, s’attendre à se voir traiter tel des criminels ou des terroristes pour
avoir simplement participé à une manifestation ?

Rappelons-le, la manifestation qui s’est tenue à Guéret le 5 octobre 2024, réunissant 3000 personnes
pour des Forêts Vivantes et contre l’implantation de l’usine de granulés de bois Biosyl, avait été
déclarée et autorisée par la Préfecture. Elle s’est tenue dans une ambiance familiale et festive, à
l’exception – notable ! – de l’assaut des forces de l’ordre sur le cortège, au moment d’une action
symbolique et sans danger : des lancers de pellets sur les grilles de la Préfecture.

Cette action, qui n’engendrait aucune dégradation, a été suivie d’une charge violente de policiers en
civil parmi une foule de manifestants, composée notamment d’enfants et a déclenché un mouvement
de panique aussi inutile que dangereux. Cette intervention policière disproportionnée était à l’imag
du dispositif policier mis en place par la Préfecture ce jour là : plusieurs unités de maintien de
l’ordre, engins lanceurs d’eau, barrières anti-émeutes aux portes du centre-ville, hélicoptères.

Les différentes associations de défense de l’environnement en France se joignent à celles du
Limousin et à la section Guéret-Creuse de la Ligue des Droits de l’Homme, pour dire leur soutien
aux personnes interpellées, leur indignation face aux méthodes employées et face à la répression du
mouvement de défense du vivant qui est à l’œuvre. Nous serons là le 17 juillet et 28 juillet ainsi
qu’à d’autres dates si chacune des personnes interpellées a besoin d’un quelconque soutien.

D’après nous, « Les opérations policières qui ont eu lieu en Creuse et en Charente Maritime – et où
ensuite ? – interviennent dans un contexte général de régression écologique et de répression vis-à-
vis de citoyen·nes qui protestent contre la destruction du vivant, pendant que les industries
responsables de sa destruction sont protégées, encouragées et même outrageusement financées par
des deniers publics. »

La perquisition du domicile des militant écologiste limousin ont eu lieu trois jours seulement après
la manifestation nationale pour la sauvegarde des forêts vivantes à Pau le 14 juin 2025.

Cette mobilisation rassemblait des collectifs locaux et nationaux engagés dans la protection des
forêts et des milieux naturels, venus exprimer leur opposition à la prolifération de projets industriels
aux impacts écocidaires. La principale revendication portait sur l’arrêt de projets tels que Biosyl, E-
cho ou Gardanne. etc… En effet, selon les organisateur.ices, « les besoins en bois de ces industries
excédent largement les capacités de régénération durable des forêts. Elles mettent ainsi en péril
l’avenir des régions dont elles surexploitent les forêts, en dégradant les écosystèmes, en fragilisant
les équilibres économiques locaux et en menaçant directement les conditions de vie des populations
qui en dépendent. »

Au cours de ce rassemblement, la politique forestière de l’État a aussi été contestée.

Nous considérons que « par ses autorisations, son soutien politique et ses subventions, l’État
français favorise une exploitation forestière démesurée au nom du « bois énergie », en dépit de la
crise climatique et de la vulnérabilité croissante des écosystèmes forestiers. Rappelons qu’à l’heure
où l’objectif de ne pas dépasser 1,5° d’augmentation moyenne des températures n’est même plus
atteignable selon le dernier rapport du GIEC, limiter les effets catastrophiques du réchauffement
climatique consisterait plutôt à freiner de manière drastique la déforestation. »

La carte des industries prédatrices des forêts

Nous sommes des défenseur·ses de l’environnement, nous remplissons notre devoir, selon l’article 2
de la constitution « Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration
de l’environnement » et nous agissons selon notre droit légitime à manifester.

Ces événements n’entameront donc en rien notre détermination.

UD CGT 23
Méga scierie non merci
Les Amis de la Terre Limousin
SNUPFEN-Solidaires Limousin
Ligue des Droits de l’Homme section Guéret-Creuse
Le Comité Local des Soulèvements de la Terre 19
L’Aubraie pour des forêts vivantes en Limousin
Groupement Forestier de la Parisette
Les Mouvements du Thaurion
Association Carduelis
Le Groupement forestier du Montbuchoux
Collectif Forêts SyVa
Adepal
Robin’s wood Choucas Deters
Le Groupe Forêt du Syndicat de la Montagne Limousine
Collectif Panneaux sur Prairies non Merci
Stop Mines23
Comité Local des Soulèvements de la Terre 23
ADNA
Collectif Perche l’Oiseau
Collectif Chambertois Contre le Saccage Forestier
FNE23
Écoute l’Arbre et la Feuille
XR Limoges
Comité local des Soulèvements de la Terre Limoges
Syndicat SIMPLES
Jeunes Racines et Vieilles Pousses
Aux Arbres Déchaînés
TPMF Pyrénées
Thomas Brail et le GNSA
CADE Collectif des Associations de Défense de l’Environnement
SOS Forêt Dordogne
Postindustrial Animism
Adret Morvan
Collectif Forêts Vivantes Pyrénées
SOS Forêt France

Découvrez le Fanzine

Ce fanzine a été réalisé en une journée dans le cadre de l’Assemblée pour
les forêts vivantes qui s’est tenue à Royère-de Vassivière du 27 au
30 juin 2024.

Merci à toutes les personnes qui ont accepté de partager leur
expérience et leurs ressources dans l’atelier «outils de luttes». Merci à
toute l’équipe organisatrice, et à toutes celles et ceux qui défendent les
forêts ici et ailleurs.

Et ici la version à imprimer :

A Chamberet le 15 février

Nous relayons l’appel du Collectif chambertois contre le saccage forestier :

15 février 2025 : RDV à 14h à la Maison de l’Arbre et de la Nature à Chamberet !!!

La colère gronde à Chamberet autour du site d’Encenat où déjà 16 hectares de feuillus 
sont tombés sous les abatteuses. Une affaire qui n’est pas sans rappeler celle du Bois du Chat,
car il s’agit là encore d’un gros propriétaire qui commande la destruction d’une forêt dont la disparition ravage un paysage emblématique du plateau et détruit inexorablement toute forme de vie végétale ou animale !

Un groupe d’habitant·es vient de créer le Collectif chambertois contre le saccage forestier. Le collectif nous invite à constater l’ampleur de la catastrophe en cours en parcourant le site d’Encenat dans une marche de protestation.

En soutien à cette action, nous vous sollicitons pour qu’une présence massive atteste de la volonté des habitant·es de lutter contre une exploitation forestière guidée uniquement par l’appât du gain.

RDV samedi 15 février à la Maison de l’Arbre et de la Nature à Chamberet à 14 h
(Place de la Mairie – route d’Eymoutiers)

Lettre ouverte au député de la Creuse

Lettre ouverte à Monsieur Bartolomé Lenoir, député de la Creuse, de collectifs, syndicats et
associations organisatrices de la manifestation du 5 octobre 2024 à Guéret pour des forêts
vivantes et contre les projets Biosyl à Guéret et Farges Bois à Egletons.

Le 6 janvier 2025

Monsieur le Député,

Vous affirmez lors de votre intervention du 12 novembre 2024 à l’Assemblée Nationale dans le cadre des questions au gouvernement à propos, nous citons, «du risque d’implantation d’une ZAD en Creuse»:
« La Creuse pourrait devenir une nouvelle ZAD. Le risque est bien réel. Il y a un mois, à Guéret, commune de 12000 habitants, les forces de l’ordre ont été caillassées ».
En l’absence de davantage de précisions de votre part, nous supposons que vous faites référence à la manifestation du 5 octobre dernier à Guéret ayant rassemblé 3000 personnes.
Vos accusations ne correspondent pas à la réalité. Comme annoncé par les organisateurs et organisatrices, l’ensemble s’est déroulé dans une ambiance festive et familiale. Plusieurs élus présents peuvent en témoigner. Cet événement a été couvert par de nombreux médias locaux et nationaux et aucun d’entre eux ne relate cette prétendue agression des forces de l’ordre.
Lors de la déambulation, une action symbolique s’est déroulée devant une grille secondaire de la Préfecture. Elle a consisté en un joyeux lancer de granulés de bois au dessus de la grille et ne visait en aucun cas les forces de l’ordre, qui n’étaient d’ailleurs pas présentes à cet endroit.
Ainsi, affirmer que celles-ci auraient été victimes de « caillassage », c’est-à-dire de jets de pierres destinés à endommager ou blesser, est à la fois erroné et grave.
Ce n’est malheureusement pas la première fois que vous travestissez la réalité, en propageant des informations fausses, de nature à porter préjudice à des élus, des associations et des habitants de la Creuse.
Votre manière d’exercer votre mandat de député est pour le moins problématique
Personne n’est à l’abri aujourd’hui des conséquences d’un dérèglement climatique qui s’accélère.
Si certains sont encore dans le déni ou pensent peut-être être épargnés, c’est une terrible erreur.
Le constat n’est plus à faire : il est déjà validé unanimement par le monde scientifique et peut s’observer par chacun d’entre nous.
Si le politique que vous êtes ne peut pas ou ne veut pas agir, les citoyens responsables et lucides que nous sommes au sein de différents collectifs, le font et poursuivront leur combat.
Recevez, Monsieur le Député, nos respectueuses salutations.

Signataires :
Alliance Ecologique et Sociale 23
CGT 23
Collectif Forêts Sy-Va
Comité 23 des Soulèvements de la Terre
FSU 23
Les Mouvements du Thaurion
Les Tisserands de St Moreil
Méga Scieries Non Merci
Nos Bois pour Demain
Syndicat de la Montagne Limousine
Syndicat des Simples

Piveteau-Farges et dialogue

L’entreprise Piveteau-Farges lançait le 14 novembre à Egletons sa « commission d’information et de dialogue ». Le Syndicat de la Montagne limousine y était invité. La liste des invités pouvait également être complétée sur la base de nos propositions, ce qui fut fait. Une déclaration commune a donc été rédigée et signée par un ensemble d’associations.

Le jour venu, difficile de prendre la parole, nous avons du arrêter l’exposé sur la petite entreprise artisanale et familiale pour lire la déclaration commune, avant de quitter la réunion.

Texte de la déclaration :

Bonsoir à toutes et tous.

Nous qui vous parlons ce soir, nous sommes représentants d’habitantes du territoire, de propriétaires forestiers, de naturalistes et de travailleurs de la forêt. Nous avons différents usages de la forêt, et au sein de nos collectifs et associations, nous avons eu à coeur depuis plus d’un an de susciter et d’animer localement des débats citoyens au sujet du projet d’extension de la scierie Farges Bois.

Nous avons organisé plusieurs réunions publiques, auxquelles les représentants de Farges Bois ne sont jamais venus, malgré nos invitations. Nous avons tracté sur les marchés pour informer les habitants et les habitantes sur le projet et ses conséquences. Nous avons aussi organisé plusieurs formations de sylviculture et de bûcheronnage ouvertes à tous, afin de permettre aux citoyens de monter en compétence et de se faire leurs propres opinions. Nous avons donné la parole aux petites scieries locales inquiètes de ce projet et des conséquences qu’il pourrait avoir sur leur activité.

Jusqu’ici, l’entreprise Farges Bois n’a pas emprunté la voie de la concertation. Difficile en effet de prétendre aujourd’hui dialoguer après avoir exproprié une citoyenne, des éleveurs et refusé de prendre en compte les avis négatifs des habitants dans l’avis rendu après l’enquête publique. 

Malgré cela, nous sommes ici ce soir, car nous sommes ouverts à l’échange.

Mais nous considérons que ce n’est pas à vous, entreprise Farges Bois, de créer les conditions du dialogue. 

Vous n’êtes pas légitime pour le faire, car vous ne pouvez pas être juge et partie.

Plus largement, vous ne représentez pas la filière bois dans son ensemble. 

De plus, la filière bois est un acteur parmi les autres usagers de la forêt.

Nous aspirons à un dialogue juste, porté par des institutions réellement démocratiques et qui doit tenir compte de l’avis de tous les usagers et acteurs de la forêt, de la filière bois comme de la société civile.

Par conséquent, nous avons décidé de ne pas participer à votre proposition de commission.

Des dizaines de collectifs et d’associations oeuvrant pour des forêts vivantes ont vu le jour en Limousin ces dernières années. L’intérêt grandit au sein de la population comme le prouvent rien qu’en octobre dernier, les  succès de la fête Forêt d’Avenir de l’Aubraie et la dernière mobilisation contre le projet BIOSYL et le vôtre a Guéret.

Nous sommes solidaires de l’ensemble des collectifs, associations de protection de la nature et de la biodiversité, associations de riverains, habitantes et habitants qui réclament une autre gestion de la forêt.

Vive les forêts vivantes,

et merci de votre écoute.

Signataires :

Méga-scierie non merci

Le Groupement Forestier Tardes et Rozeille

Le Comité Local des Soulèvements de Terre Corrèze

Forêt DEbout23

Aux Arbres Déchaînés

Groupement Forestier du Montbuchoux

Groupe forêt du Syndicat de la Montagne limousine

Le Comité Local des Soulèvements de la Terre Creuse

France Nature Environnement 23

Auprès de Nos Arbres

Les Enforestés

Le Comité Local des Soulèvements de la Terre Haute-Vienne

ADEPAL Association pour la Défense de l’Environnement du Pays Arédien et du Limousin

Collectif Forets SyVa

Le Groupement Forestier des Monts de Blond

Les Tisserands

Clôture de l’Assemblée pour des forêts vivantes

 » En tant que collectif organisateur de ces rencontres, nous, membres du Syndicat de la Montagne Limousine, tenons à vous dire que nous sommes ravis de vous avoir accueilli et d’avoir organisé cet évènement sur notre territoire, territoire que nous aimons et défendons ardemment !

Nous croyons que des évènements comme celui-ci sont plus que nécessaires pour assurer un avenir désirable à ces milieux formidables que sont les forêts mais aussi un avenir désirable pour notre espèce et toutes les autres formes de vie. Partout sur terre, nous faisons les mêmes constats : entraînées par les forces de la finance, du capital et des intérêts privés, nos sociétés dites « modernes et civilisées » se livrent à une course effrénée dans la destruction du vivant ; et le moins qu’on puisse dire c’est que les forêts sont en première ligne sur ce front. Mues par un appétit sans limite, ces forces sont résolues à exploiter les forêts jusqu’à la dernière goutte de sève, laissant à la place des milieux désolés et exsangues, des plantations austères et sinistres. Elles illustrent jour après jour qu’elles n’ont aucune considération pour le vivant car elles ne jurent que par l’économie, la productivité, la rentabilité et le profit !

Dans tous les pays, sur tous les territoires, les mêmes constats : la forêt est convoitée comme un gisement qui sera tard ou tôt épuisé. Heureusement le vivant se défend ! En réaction à ses forces d’anéantissement, partout dans le monde des voix s’élèvent, des personnes s’organisent, se fédèrent et œuvrent jour après jour en faveur du vivant !

En faisant ce que nous sommes en train de faire, nous participons à un mouvement plus vaste, dont l’échelle est planétaire et la nécessité vitale. Aux milles coins du globe, d’autres personnes, d’autres peuples, comme nous, luttent pour des forêts vivantes ! Comme nous iels sont des gardiens et des gardiennes de la forêt, au service du vivant !

Celles et ceux qui se sont déjà retrouvé.e.s au pied d’un arbre quatre fois centenaire savent parfaitement la nécessité qu’il y a à sauvegarder de telles merveilles et les milieux associés. Cela, on le comprend immédiatement au contact de ces êtres, ces arbres qui étaient déjà là avant nous, avant nos parents et les parents de nos parents et qui le seront encore après nos enfants et les enfants de nos enfants. Ces arbres ont la capacité de nous guider et de nous inspirer dans nos vies, ils sont les incarnations du temps qui nous échappe ! Ils sont le mariage du ciel et de la terre et les symboles de la sagesse. Quand l’Arbre Ancien couvre l’Individu de ses branches et l’enveloppe de ses racines, il lui montre le chemin de l’éveil, il lui montre que lui aussi fait partie de la Forêt et qu’il ne lui est pas étranger.

Malheureusement, de tels arbres se font rares de nos jours. Nous subissons les sévices de choix faits par le passé et nous héritons de leurs méprises. Les coupes à blanc sont les plaies que nous venons panser ; et les enseignements à en tirer sont gravés dans les chairs de la terre. Les arbres séculaires se font rares, hélas. Mais si nous préservons ceux qui existent aujourd’hui, dans quelques centaines d’années, ce qui n’est rien, des arbres multi-centenaires fleuriront partout dans nos forêts. Et cela ne sera pas incompatible avec la gestion forestière, la possibilité de récolter des arbres et d’en tirer des revenus. Nous pouvons et devons vivre de la forêt autant que nous vivons avec elle. Il y a des arbres et des forêts pour tous les usages, là est la richesse de ces milieux parmi les plus fertiles, productifs et inspirants qui existent.

En œuvrant pour les forêts, nous nous inscrivons sur le temps long. Nous gardons en tête que nos actions à ce jour ne sont peut-être que des graines que nous semons à la volée et qui ne porteront leurs fruits que pour la septième génération à venir. Ce que nous faisons avec cette assemblée est local, à notre échelle, mais participe aussi à quelque chose de plus grand. Nous participons à l’avènement d’une ère nouvelle.

Une ère où le vivant sera libéré de toutes les formes d’impérialisme, d’asservissement, d’oppression et d’accaparement ;

Une ère où nos sociétés ne seront plus gangrénées par le patriarcat, les rapports de domination et de propriété, où le vivant ne sera plus maltraité, où la terre ne sera plus asséchée, où les peuples cesseront de s’entretuer, de s’exploiter ou de se subordonner ;

Une ère où la terre ne sera pas transformée en un désert aride et stérile mais où elle restera cette étendue fertile, nourricière et hospitalière, comme elle l’a toujours été depuis que notre espèce y habite.

Cet horizon, cette bannière sous laquelle nous nous regroupons c’est l’ère du Symbiocène, une ère où l’humain est une force au service du vivant, une force qui favorise les relations, les connexions, les interdépendances, les symbioses entre les espèces, une force qui fait preuve d’humilité et s’incline, une force qui prend soin de la terre et de tout ce qui s’y trouve. Et c’est pour cela que nous devons continuer à lutter, en veillant les uns sur les autres, en veillant sur le vivant, en chérissant ce qui est beau, ces lieux qui nous entourent et que nous habitons et qui sont les véritables richesses de ce monde, les seules dont nous disposons réellement !

Les forêts sont un symbole puissant, la survivance de ce qu’il reste de magie dans ce monde. Elles sont le refuge de la vie sauvage, le lieu où naissent les insurrections et où s’organisent les révolutions. La Forêt et l’Arbre sont des piliers, ceux de la Résistance, de la Guérison et de l’Abondance. C’est pourquoi nous devons la défendre et en prendre soin, et c’est pourquoi nous devons l’habiter et l’aimer, autant qu’elle nous habite et nous abrite.

MERCI à tous et à toutes ! Pour votre venue et votre contribution ! « 

C’était le samedi 29 juin 2024 à Royère de Vassivière